Guide bailleur • Mis à jour : 17 avril 2026

Le calendrier détaillé des interdictions de location et des obligations à anticiper en 2026

En 2026, le sujet n’est plus théorique. Certains logements sont déjà sortis du cadre habituel de la location en résidence principale, d’autres peuvent encore être loués mais sont déjà contraints, et beaucoup de bailleurs doivent revoir leur DPE, leur calendrier de travaux et leur stratégie avant la prochaine relocation.

Cette page vous aide à voir clair : ce qui bloque déjà, ce qui approche, et ce qu’il faut vérifier maintenant pour éviter une remise en location mal préparée.

Voir le calendrier détaillé

L’erreur la plus fréquente consiste à croire que l’interdiction de location est encore une échéance lointaine. En réalité, en métropole, une partie du calendrier produit déjà ses effets.

En 2026, un bailleur ne doit donc plus seulement se demander “quand cela va arriver ?”, mais plutôt : “qu’est-ce qui me concerne déjà, au prochain bail, au prochain renouvellement, à la prochaine reconduction tacite ou à la prochaine relocation ?”

Le bon réflexe en 2026

Avant de parler travaux, commencez par vérifier votre point de départ réel : classe DPE, validité du diagnostic, éventuelle mise à jour de l’étiquette, petite surface, logement chauffé à l’électricité, situation en copropriété et horizon locatif du bien.

Calendrier

Le calendrier détaillé des interdictions de location

Voici la lecture la plus utile pour un bailleur en 2026 : non pas une simple suite de dates, mais une hiérarchie claire entre ce qui est déjà bloquant, ce qui est déjà contraint et ce qui doit être anticipé.

24 août 2022

Gel des loyers pour les logements F et G

En métropole, les logements classés F ou G entrent déjà dans une logique de contrainte locative. Depuis cette date, l’augmentation du loyer est bloquée dans plusieurs cas : révision en cours de bail, renouvellement du bail et remise en location.

1er janvier 2023

Premier seuil de décence énergétique

En métropole, les logements dont la consommation dépasse 450 kWh d’énergie finale par m² et par an ne répondent plus au critère minimal de décence énergétique pour certains baux d’habitation.

1er janvier 2025

Les logements classés G sortent du cadre locatif normal

En métropole, pour les baux d’habitation signés, renouvelés ou reconduits tacitement à compter de cette date, seuls les logements classés A à F sont considérés comme décents.

1er janvier 2026

Année charnière pour relire son dossier

Le coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE évolue pour les diagnostics établis à partir de 2026, avec possibilité d’attestation de mise à jour dans certains cas. C’est aussi l’année où les copropriétés d’au plus 50 lots entrent dans l’obligation progressive de DPE collectif lorsque le bâtiment y est soumis.

1er janvier 2028

Les logements classés F deviennent à leur tour non décents

En métropole, à compter de cette date, seuls les logements classés A à E pourront être loués dans le cadre habituel du bail d’habitation en résidence principale.

1er janvier 2034

Les logements classés E basculent à leur tour

À cette date, seuls les logements classés A à D pourront rester dans le cadre habituel de la décence énergétique en métropole.

Ce qui bloque déjà en 2026

Un logement classé G n’est plus dans une logique locative normale

En métropole, si votre logement est classé G, le sujet n’est plus d’anticiper un risque futur. Pour un bail d’habitation signé, renouvelé ou reconduit tacitement depuis le 1er janvier 2025, ce logement ne répond plus au niveau de performance énergétique exigé pour être considéré comme décent.

Un logement F peut encore être loué, mais il est déjà fragilisé

C’est souvent le point mal compris. Un logement F peut encore être loué en 2026, mais il approche de l’échéance 2028 et il subit déjà une contrainte forte sur le pilotage du loyer.

Un ancien DPE peut fausser toute la stratégie

Beaucoup de bailleurs raisonnent encore avec un DPE devenu juridiquement inexploitable pour une nouvelle mise en location. Les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Avant de comparer des devis ou de repousser des travaux, il faut donc repartir d’un diagnostic réellement exploitable.

En pratique :

En 2026, le bon point de départ n’est pas “quels travaux faire ?”. C'est souvent : “quel est mon vrai DPE aujourd’hui, est-il encore valable, et quelles conséquences locatives en découlent déjà ?”

À anticiper

Les obligations concrètes à anticiper en 2026

Une bonne lecture du calendrier ne sert à rien si elle ne se traduit pas par une checklist claire. Voici les points qu’un bailleur doit revoir en priorité.

1. Vérifier que le DPE est valide

Le DPE remis au locataire doit être à jour. S’il a été réalisé entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021, il n’est plus valable pour une mise en location depuis le 1er janvier 2025.

2. Distinguer petite surface et électricité

Si votre bien fait 40 m² ou moins, une attestation ADEME peut, selon les cas, mettre à jour l’étiquette depuis la réforme entrée en vigueur le 1er juillet 2024. Si votre logement est chauffé à l’électricité, il faut aussi vérifier si la mise à jour liée au coefficient électricité 2026 améliore la lecture réelle du DPE.

3. Sécuriser l’annonce de location

Les classes énergie et climat, le montant estimé des dépenses annuelles d’énergie et, si le logement est classé F ou G, la mention “logement à consommation énergétique excessive” doivent apparaître correctement dans l’annonce.

4. Revoir la stratégie de loyer

Si le logement est F ou G, il ne faut plus raisonner comme sur un logement standard. En métropole, le cadre de révision et de relocation du loyer est déjà contraint.

5. Anticiper 2028 si le logement est F

Un logement F encore louable en 2026 n’est pas un logement “sans urgence”. C’est un bien déjà sous échéance, qui mérite une stratégie de travaux claire avant la prochaine bascule réglementaire.

6. En copropriété, regarder aussi l’échelle de l’immeuble

Dans les copropriétés d’au plus 50 lots soumises au calendrier légal, 2026 correspond à l’entrée dans l’obligation progressive de DPE collectif. Avant de traiter un appartement lot par lot, il faut parfois relire le problème à l’échelle du bâtiment.

Ce que beaucoup de bailleurs sous-estiment encore

Le calendrier n’agit pas seulement à la remise en location

Il agit aussi sur les renouvellements, les reconductions tacites, les augmentations de loyer, la conformité de l’annonce et la manière de programmer les travaux.

Le DPE n’est plus un simple document de dossier

En 2026, il devient un vrai point de bascule stratégique. C’est lui qui détermine si vous êtes dans une situation normale, fragilisée ou déjà bloquée.

Signaux d’alerte à ne pas minimiser

  • Vous ne savez pas si votre DPE est encore valable juridiquement.
  • Votre logement est F mais vous n’avez encore rien planifié avant 2028.
  • Votre logement est petit ou tout électrique, mais vous n’avez pas vérifié son éventuelle mise à jour.
  • Vous raisonnez encore sur le loyer comme si le logement n’était pas pénalisé énergétiquement.
  • Vous êtes en copropriété, mais vous n’avez pas regardé si l’immeuble entre dans une obligation collective.
À lire aussi

Pour approfondir ce point, consultez aussi notre guide pour repérer les signaux d’alerte avant travaux de rénovation .

Cas pratiques

Comment lire le calendrier selon votre logement

Cas n°1 : studio classé F, chauffé à l’électricité

Le logement peut encore être loué en 2026, mais il approche de 2028. Avant d’engager des travaux lourds, il faut vérifier si l’étiquette peut être relue au regard de la réforme électricité 2026, et si la surface du logement permet aussi une mise à jour de l’étiquette via l’ADEME.

Cas n°2 : appartement classé G avec bail arrivant à échéance

Ici, le calendrier n’est plus un sujet de veille. C’est un sujet immédiat. Si le bail arrive à renouvellement ou si une relocation est envisagée, il faut reconstruire une trajectoire de remise en conformité avant de repartir en location.

Cas n°3 : logement F dans une petite copropriété

Le bien reste louable en 2026, mais la fenêtre se réduit. Si l’immeuble entre dans le calendrier du DPE collectif, il peut être utile de coordonner la lecture du lot avec celle du bâtiment, plutôt que de multiplier les décisions isolées.

Cas n°4 : logement avec DPE réalisé entre 2018 et juin 2021

Beaucoup de stratégies sont encore construites sur un diagnostic qui n’est plus valable pour une nouvelle mise en location. Avant de comparer des devis ou de reporter les travaux, il faut repartir d’un DPE juridiquement exploitable.

Le calendrier spécifique en outre-mer

En Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte, le calendrier de décence énergétique est décalé par rapport à la métropole. Les logements classés G basculent plus tard, puis les logements classés F selon un calendrier propre à l’outre-mer.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien anticiper en 2026. Cela veut dire que la lecture stratégique doit être adaptée au territoire, sans copier mécaniquement les échéances métropolitaines.

Synthèse

Le tableau de synthèse à garder sous les yeux

Si vous voulez une lecture rapide, retenez surtout ceci : la vraie question n’est pas seulement la date, mais l’impact concret sur votre bien.

DateCe que cela changeQui est concernéRéflexe bailleur
24 août 2022Gel des loyers pour les logements F et G en métropoleBiens classés F ou GNe plus raisonner comme sur un logement “standard” pour la révision ou la relocation
1er janvier 2023Seuil de 450 kWh/m²/an en énergie finale pour certains bauxLogements les plus énergivoresVérifier immédiatement le DPE si le bien est à la limite ou manifestement très dégradé
1er juillet 2024Correction d’étiquette possible pour certains logements de 40 m² ou moinsPetites surfacesTélécharger l’attestation ADEME si le logement est concerné
1er janvier 2025Les logements G ne sont plus décents pour les baux concernés en métropoleBiens classés GStopper la logique d’attente et reconstruire une trajectoire de conformité
1er janvier 2025Fin de validité des DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021Nombreux logements déjà diagnostiquésRefaire le DPE avant toute nouvelle mise en location
1er janvier 2026Nouveau coefficient électricité dans le DPELogements chauffés à l’électricitéVérifier si une mise à jour d’étiquette améliore la lecture réelle du bien
1er janvier 2026Entrée des copropriétés d’au plus 50 lots dans le calendrier du DPE collectifPetites copropriétés concernéesRelire le lot à l’échelle du bâtiment, pas seulement appartement par appartement
1er janvier 2028Les logements F deviennent à leur tour non décents en métropoleBiens classés FPlanifier les travaux avant la prochaine relocation subie
1er janvier 2034Les logements E sortent à leur tour du cadre habituelBiens classés EAnticiper très en amont si le bien est déjà limite
Étape Rénovation

En 2026, le bon enjeu n’est pas seulement de connaître les dates. C’est de savoir laquelle vous concerne déjà.

Un logement G est déjà sorti du cadre locatif classique en métropole pour les baux concernés. Un logement F est encore louable, mais déjà contraint et déjà sous échéance. Un logement petit ou chauffé à l’électricité peut devoir être relu avant toute décision. Un appartement en copropriété ne se traite pas toujours seul.

La bonne méthode consiste donc à repartir d’un point de départ fiable, à relire les échéances selon votre bien, puis à bâtir un calendrier de travaux cohérent avant de subir la prochaine relocation.